Primogénito signifie "premier-né" ou "enfant aîné". C'est un mot assez formel et moins courant dans les chansons populaires, ce qui le rend intéressant.
Dans le contexte de la chanson, Bad Bunny chante "Muchas quieren mi baby gravy, Quieren tener mi primogénito y llevarse el crédito". Il utilise ce mot pour exprimer que de nombreuses femmes veulent avoir son premier enfant, non seulement par amour, mais aussi pour le "crédit" ou les avantages qui en découlent, ajoutant une touche d'ironie et de réalisme à ses paroles.
Tout commence par une scène de famille que tout le monde a déjà vécue : la tante curieuse (tití, en espagnol des Caraïbes) qui demande au petit garçon s'il a beaucoup d'amoureuses. Bad Bunny transforme cette question d'enfance en un hymne reggaeton survolté où il liste fièrement ses conquêtes d'un bout à l'autre de la planète : de María à l'école maternelle jusqu'à une fille venue de Barcelone en avion, en passant par ses amours à Porto Rico (PR). Le mot d'ordre reste le même : Hoy tengo una, mañana otra, pero no hay boda (« Aujourd'hui j'en ai une, demain une autre, mais pas de mariage »). Il invite même tout le monde dans son carré VIP pour saluer sa tante sur un selfie.
Mais le morceau prend un virage plus sombre et honnête dans sa deuxième partie. Derrière l'attitude de séducteur infatigable, l'artiste avoue son incapacité totale à faire confiance : Yo quisiera enamorarme / Pero no puedo (« J'aimerais tomber amoureux / Mais je ne peux pas »). Il prévient d'ailleurs directement celle qui voudrait s'attacher qu'elle ferait mieux d'écouter ses amies : il va lui briser le cœur (Yo voy a romperte el corazón). C'est ce contraste franc entre la fête insolente et l'aveu de ses propres blocages (Ya no quiero ser así, « Je ne veux plus être comme ça ») qui rend le titre aussi percutant.