Desbaratada vient du verbe desbaratar, qui signifie "détruire", "démonter" ou "mettre en désordre". C'est un mot expressif qui va au-delà du simple "cassé".
Dans le contexte de la chanson, Bad Bunny l'utilise pour décrire une nuit de fête intense : "Hoy la calle la dejamos desbaratada" (Aujourd'hui, nous avons laissé la rue en désordre/détruite). Cela évoque une ambiance de chaos joyeux et de débauche, rendant le mot très vivant et mémorable.
Bad Bunny t'emmène direct sous le coucher de soleil de San Juan avec DtMF (abrégé pour Debí tirar más fotos). Entre deux gorgées d'alcool et une partie de dominos avec son grand-père, il est frappé par un gros regret amoureux : « Debí tirar más fotos de cuando te tuve » (J'aurais dû prendre plus de photos quand je t'avais) et donner plus de câlins. Pour noyer cette nostalgie, il appelle toute sa bande, citant ses potes par leurs prénoms (Roro, Julito, Cristal...) pour sortir semer le désordre dans le quartier branché de Santurce : « Hoy la calle la dejamos desbaratada » (Aujourd'hui, on défonce la rue).
Le morceau alterne entre cette mélancolie très terre-à-terre et une envie furieuse de faire la fête avant qu'il ne soit trop tard. Benito glisse plein d'argot portoricain : il parle du corillo (la bande d'amis), de jouer du batá et du güiro (des instruments traditionnels caribéens), et troque les paillettes pour des rythmes locaux comme la salsa, la bomba et la plena. Même s'il prétend à son grand-père qu'il ne pense plus à son ex, il finit quand même par lâcher un vœu bien moins poétique au milieu de ses souvenirs : « Y que tú me envíes más nudes » (Et que tu m'envoies plus de photos dénudées). Du pur Bad Bunny, à la fois tendre, fêtard et sans filtre.