Ojalá sert à exprimer un souhait ou un espoir, comme « pourvu que » ou « j’espère que ». Dans la chanson, Bad Bunny dit « Ojalá que te olvides de mí » : il souhaite que l’autre personne réussisse à l’oublier, malgré la douleur de leur rupture. C’est un mot très expressif et particulièrement intéressant à retenir, car il vient de l’arabe in shā’ Allāh, « si Dieu le veut ».
Dans « Te Deseo Lo Mejor » (« Je te souhaite le meilleur »), Bad Bunny parle à une personne qu’il a blessée à plusieurs reprises. Il reconnaît sans détour : « Yo sé que soy un cabrón » [Je sais que je suis un salaud]. Ici, cabrón est une insulte familière et très directe, proche de « salaud » ou « connard » selon le contexte. Il admet aussi ne pas mériter le pardon, avoir menti et ne pas avoir tenu ses promesses. Même les fleurs et les cadeaux ne suffisent plus : « ¿De qué valen las flores y los regalos? » [À quoi servent les fleurs et les cadeaux ?] s’il est responsable de la douleur de l’autre ? La phrase est simple, mais elle fait mal : les excuses matérielles ne peuvent pas effacer ce qu’il a fait.
Le refrain ressemble à un adieu plein de culpabilité : « Te deseo lo mejor » [Je te souhaite le meilleur], puis « Ojalá que te olvides de mí » [J’espère que tu m’oublieras]. Il part avant de détruire encore le cœur de cette personne et se traite de « cobarde » [lâche]. Il lui laisse même le droit de faire comme s’ils ne se connaissaient pas : « Si quieres haz que no me conoces, está bien » [Si tu veux, fais comme si tu ne me connaissais pas, ça va]. Ce qui rend la chanson intéressante, c’est qu’il ne demande pas une nouvelle chance : il reconnaît qu’il a été « lo peor » [le pire] et affirme que l’autre mérite d’être heureux, même si cela signifie disparaître.