Unendlichkeit signifie « infinité » ou « éternité », c’est-à-dire quelque chose qui n’a ni début ni fin. Dans la chanson, l’image de l’infinité qui fait signe depuis la rive contraste avec le temps qui nous emporte inexorablement, donnant au mot une dimension à la fois poétique et mélancolique.
Dans « Zeit », Rammstein regarde le temps filer avec une lucidité presque vertigineuse. Les paroles décrivent une course sans pause : « Keine Rast, nur vorwärts streben » [aucun repos, seulement avancer], tandis que chacun reste « Gefangen so im Fluss der Zeit » [prisonnier dans le fleuve du temps]. Le texte joue aussi avec des paradoxes très forts : nous voyons, mais nous sommes aveugles ; nous jetons des ombres sans lumière ; « Aus der Jugend wird schon Not » [la jeunesse devient déjà détresse]. Même la vie semble avancer vers la mort : « Wir sterben lebend in den Tod » [nous mourons vivants vers la mort]. C’est sombre, direct, et cette image du fleuve rend le temps impossible à arrêter.
Le moment le plus tendre arrive quand le narrateur est dans les bras de quelqu’un : « Ich liege hier in deinen Armen » [je suis allongé ici dans tes bras]. Il voudrait que cet instant dure toujours, mais « die Zeit kennt kein Erbarmen » [le temps ne connaît pas la pitié] et le moment est déjà passé. Le refrain répète « Bitte bleib steh’n » [s’il te plaît, reste immobile], comme une demande adressée au temps lui-même. La chanson reconnaît qu’un « perfekter Moment » [moment parfait] existe, tout en rappelant qu’il faut parfois partir quand il est à son sommet : « Aufhör’n, wenn’s am schönsten ist » [s’arrêter quand c’est le plus beau]. Le dernier « Ich bin noch nicht bereit » [je ne suis pas encore prêt] rend cette idée très humaine : même lorsque l’instant est parfait, personne ne veut forcément le laisser partir.