Daga signifie « dague » ou « poignard », une arme courte et pointue. Dans la chanson, « otra daga clavada en mi pecho » est une image métaphorique : chaque déception amoureuse est comparée à une nouvelle lame plantée dans son cœur, ce qui rend le mot particulièrement dramatique et mémorable.
Tu connais cette sensation d'aller droit dans le mur tout en sachant pertinemment que le mur approche ? C'est exactement ce que chante Prince Royce dans cette bachata. Dès le premier vers, il admet qu'il tourne en rond : Tanto caminar y aquí estoy de nuevo (« Tant marcher et me revoilà ici »). Même histoire, seul le visage change (Otro personaje, el mismo cuento, soit « Un autre personnage, la même histoire »). L'artiste dominico-américain y va franchement sur le mélodrame avec l'image violente d'une lame en plein thorax : otra daga clavada de nuevo en mi pecho (« un autre poignard planté de nouveau dans ma poitrine »).
Le plus drôle, c'est qu'il s'insulte lui-même sans détour. Il lâche : Masoquista, estoy loco, frustrado (« Masochiste, je suis fou, frustré »), avant de reconnaître qu'il retombe aussitôt amoureux. Il annonce carrément la couleur pour la suite : Otra vez moriré (« Une fois de plus je mourrai ») et Otra vez lloraré (« Une fois de plus je pleurerai »). Pas de fausse pudeur ici, il assume d'être totalement à genoux devant l'amour (Me confieso, estoy rendido / Del amor de una mujer : « J'avoue, je suis vaincu par l'amour d'une femme »). Une confession lucide, un peu pathétique, mais redoutablement humaine.