Vientre signifie « ventre », avec un sens plus poétique ou soutenu qui peut aussi désigner l’utérus. Dans la chanson, l’expression « ese fruto de tu vientre » désigne l’enfant né de cette relation, présenté comme un miracle malgré les infidélités et la douleur du couple.
Avec « El Amor Que Perdimos », Prince Royce nous plonge dans une bachata douce mais bien amère. L'artiste américano-dominicain commence par un réveil douloureux après un rêve : « Anoche soñé yo contigo del amor que perdimos » (« Hier soir j'ai rêvé de toi et de l'amour qu'on a perdu »). Très vite, le décor est posé sans détours. On découvre une relation toxique faite de trahisons directes : « Tú me decías que me amabas / Pero en mi espalda tú me engañabas » (« Tu me disais que tu m'aimais, mais dans mon dos tu me trompais »). Le chanteur pointe du doigt ce décalage cruel où les lèvres mentent alors que le regard dit la vérité : « Tus labios me decían te amo / Y tus ojos me rechazaban » (« Tes lèvres me disaient je t'aime et tes yeux me rejetaient »).
Le refrain claque comme une porte fermée : « Yo te amé, te adoré / No te quiero ver » (« Je t'ai aimée, je t'ai adorée, je ne veux plus te voir »). La formule est tranchante, sans fioritures. Pourtant, l'histoire ne s'efface pas si facilement. Prince Royce raconte des années passées à alterner entre passion et disputes, résumées par ce rythme épuisant : « Duramos una noche amando y la otra peleando » (« On passait une nuit à s'aimer et la suivante à se disputer »). Au milieu de ce naufrage, il glisse une touche inattendue de tendresse pour leur enfant, ce « fruto de tu vientre que yo más amo » (« fruit de ton ventre que j'aime le plus »). Une vraie rupture racontée avec franchise, parfaite pour chanter sa peine sur un tempo de danse.