Ectopia signifie « ectopie » en français, c’est-à-dire la position inhabituelle d’un organe ou d’un tissu dans le corps. C’est un terme médical rare et surprenant dans une chanson, utilisé ici dans l’image poétique d’une « ectopie sans fissure », quelque chose d’étrange et d’unique, mais parfaitement intact.
ROSALÍA ouvre le morceau en comptant jusqu'à vingt et un en anglais, puis lâche une de ses meilleures piques : certains se croient spéciaux "como un año en miami que nieva" (comme une année où il neige à Miami). Autrement dit, ils sont aussi rares que la neige en Floride, et c'est drôle justement parce que c'est méchant. Le refrain remet tout le monde à sa place : "Keep it cute, 'manito, keep it cute" (reste mignon, frérot, reste mignon), "Que aquí el mejor artista es dios" (car ici le meilleur artiste, c'est Dieu). Pour elle, la beauté est dehors, dans les "Mariposas sueltas por la calle" (papillons en liberté dans la rue), et il faut sortir pour la voir.
Puis la chanson bascule. Elle épelle un alphabet façon radio, "A de alfa" (A comme alpha), "B de brava" (B comme brave), et glisse au milieu une phrase en anglais qui renvoie à Lady Di et à son accident de voiture. Juste après arrive "Llévame lejos de aquí" (emmène-moi loin d'ici). Après tous ces conseils lancés avec aplomb, cet appel à fuir sonne bien plus fragile, et c'est ce contraste qui rend le morceau aussi étrange qu'attachant.