Prendaste vient du verbe prendarse de, une expression poétique qui signifie « tomber amoureux de » ou « être fasciné par quelqu'un ». Dans la chanson, « te prendaste de mí » évoque le moment où l'autre s'est épris de Rosalía, ce qui rend ce mot plus original et mémorable que le simple verbe amar.
« No me has olvidao' » [tu ne m'as pas oubliée] revient tellement de fois dans « CANDY » qu'on finit par l'entendre comme une petite pique. ROSALÍA repense à la nuit où tout a commencé : « Vestida con F de Fendi » [habillée en F de Fendi, le logo de la marque] et « Bailando Plan B, la de Candy » [en dansant sur Plan B, celle de « Candy »], le morceau du duo de reggaeton portoricain qui donne son titre à la chanson. C'est ce soir-là que l'autre a craqué : « Así tú te prendaste de mí » [c'est comme ça que tu as craqué pour moi]. Le olvidao' du refrain, c'est olvidado avec le d avalé, comme on le prononce aux Caraïbes ou en Andalousie.
Sauf qu'elle, elle a tourné la page. « Ya no te quiero como antes » [je ne t'aime plus comme avant], « Me rompiste, pero solo en parte » [tu m'as brisée, mais seulement en partie]. Elle a porté son bracelet pour penser à lui, puis « Pero de olvidarte yo ya hice un arte » [mais t'oublier, j'en ai déjà fait un art]. Elle ne se rappelle même plus son visage, et entre eux « No queda na-na-na-na-na » [il ne reste rien, na-na-na-na-na] : le na de nada devient un refrain qu'on chante en dansant. La phrase la plus lucide tombe au milieu : « La vida es bonita, pero es traicionera » [la vie est belle, mais elle est traîtresse].