Hackearam-me signifie littéralement "ils m'ont piraté". C'est un verbe moderne et percutant qui est rarement entendu dans les chansons traditionnelles.
Dans cette chanson, Marília Mendonça utilise ce mot de manière métaphorique et dramatique. Elle prétend que son téléphone a été "piraté" pour expliquer des messages envoyés à son ex, disant qu'elle l'aime encore. C'est une excuse créative pour masquer ses vrais sentiments et sa difficulté à passer à autre chose.
On a tous déjà inventé une mauvaise excuse après un texto envoyé de trop, mais Marília Mendonça pousse le bouchon encore plus loin dans ce morceau de sertanejo ! La chanteuse essaie désespérément d'oublier son ex : elle a mis leurs photos à la poubelle, mais elle avoue aussitôt qu'elle n'a jamais osé la vider (« Pergunte se depois esvaziei / Não tive coragem » [Demande si après je l'ai vidée / Je n'ai pas eu le courage]). Pire encore, elle refuse les soirées car le simple fait de boire (beber) lui rappelle trop le surnom affectueux qu'elle lui donnait (bebê [bébé]).
Pour éviter l'humiliation suprême d'une rechute nocturne, elle prévient d'avance son ancien partenaire : si un message d'amour ou un appel désespéré arrive à trois heures du matin, ce n'est pas elle. C'est son cœur qui a piraté sa carte SIM ! Le refrain tourne entièrement autour de cette excuse ridicule et géniale : « Se acaso de madrugada / Chegar algum, volta para mim / Hackearam-me » (Si par hasard au milieu de la nuit / Arrive un « reviens-moi » / On m'a piratée). C'est drôle, plein de mauvaise foi assumée, et tellement révélateur de la difficulté de couper les ponts après une rupture.