Verzieh’n est la forme familière et raccourcie de verziehen, qui signifie ici « pardonner ». Dans la chanson, „Ich habe dir verzieh’n“ exprime une décision forte et émouvante : malgré la douleur, le chanteur a finalement pardonné à l’autre personne.
Dans « Du tust mir nie mehr weh », AnnenMayKantereit imagine un après-rupture étonnamment calme. Le narrateur dit : « Mein Leben ist okay » [ma vie va bien] depuis qu’il ne voit plus cette personne. Il se retrouve sur un pont, regarde le soleil disparaître et le vent pousser les nuages, tout en se demandant « wie es weitergeht » [comment la suite va se passer]. La phrase du titre, « Du tust mir nie mehr weh » [tu ne me feras plus jamais de mal], sonne comme une promesse qu’il se fait à lui-même. Il ajoute que, s’ils se revoyaient, il se tiendrait devant elle et lui aurait pardonné. « Einen drehen » est une expression familière pour rouler quelque chose à fumer, ce qui donne à la scène un détail très concret, presque cinématographique.
Mais le calme n’efface pas tout. L’autre personne voudrait savoir ce que cela ferait de l’embrasser soudainement, et pourrait lui redonner de l’espoir : « Menschen machen dumme Sachen » [les gens font des choses stupides]. Puis le narrateur avoue qu’il connaît peu l’amour en dehors de cette relation. C’est là que la répétition du refrain devient un peu amère : il affirme qu’on ne lui fera plus de mal, tout en imaginant déjà leurs retrouvailles et le pardon. Une chanson en allemand simple, avec des images faciles à suivre, mais une contradiction très humaine au centre : tourner la page, tout en gardant la porte entrouverte.