Ingehaald vient du verbe néerlandais inhalen, qui signifie littéralement « dépasser » ou « rattraper ». Dans la chanson, hebben we het weer ingehaald signifie plutôt « nous aurons rattrapé le temps perdu », après s’être retrouvés et avoir renoué le dialogue.
C’est un mot intéressant parce qu’il joue sur une image très concrète de course ou de dépassement pour exprimer une idée affective et nostalgique.
Dans « Onderweg Naar Later », Suzan & Freek racontent des retrouvailles qui arrivent presque par hasard. Le narrateur pensait avoir perdu cette personne depuis longtemps, puis découvre sa photo dans le journal et apprend qu’elle habite de nouveau en ville. Peu après, les voilà assis pendant des heures près de l’eau, comme avant. La phrase « Twee stoelen aan het water » [deux chaises au bord de l’eau] donne à la scène une simplicité très concrète, tandis que « je kijkt me weer hetzelfde aan » [tu me regardes à nouveau de la même façon] montre que quelque chose est resté intact.
Le morceau avance entre conversation, regrets et espoir. Ils parlent de tout, mais « soms vertelt de stilte het meest » [parfois, le silence en dit le plus] : en néerlandais, stilte signifie « silence », et cette ligne suggère qu’ils n’ont pas besoin de tout expliquer. Le titre signifie littéralement « En route vers plus tard ». Ils ne savent pas encore si leurs retrouvailles mèneront quelque part, mais le narrateur espère que ce moment restera après l’été : « Ik hoop dat het iets is / Wat nog blijft als het straks zomer is geweest » [j’espère que c’est quelque chose qui restera quand l’été sera passé]. C’est une chanson sur une porte qui se rouvre, avec une question très simple derrière tout cela : est-ce une parenthèse, ou le début de quelque chose qui durera ?