« Balas perdidas » signifie littéralement « balles perdues ». Dans la chanson, l’expression est métaphorique : elle représente les blessures imprévisibles et les conséquences douloureuses de cet amour caché, plutôt que de vraies balles.
Cette image rend les sentiments du chanteur particulièrement intenses et mémorables, tout en montrant comment l’espagnol utilise des images fortes pour parler de l’amour.
Avec Cuando Nadie Ve, le groupe colombien Morat nous plonge dans le secret d'une romance clandestine. Dès le début, le narrateur passe d'un coup de foudre ensoleillé à une douche froide : « Pero el verano se volvió un invierno / Cuando vi que otros brazos te esperaban » (« Mais l'été est devenu un hiver quand j'ai vu que d'autres bras t'attendaient »). On comprend vite le dilemme : l'autre personne est déjà prise. Alors, pour continuer à s'aimer sans tout faire exploser, il accepte les miettes et résume son rôle sans détour : « Nos queremos cuando nadie ve » (« On s'aime quand personne ne regarde »).
Le refrain est particulièrement accrocheur, mais le tableau reste douloureux. Devant les autres, la consigne est stricte : mentir et faire semblant. Il chante « Fingir que somos amigos » (« Faire semblant que nous sommes amis »), tout en promettant de tout donner dès que les regards disparaissent (« Y cuando no haya testigos / Mi vida entera te daré »). L'image la plus forte de la chanson est sans doute celle des « balas perdidas de este amor » (« les balles perdues de cet amour »), une métaphore directe pour désigner les dégâts collatéraux qu'une telle relation secrète risque de lui infliger. C'est du folk pop entraînant, mais l'histoire, elle, fait franchement mal au cœur.