Altare signifie « autel », notamment l’autel d’une église où l’on se marie. Dans la chanson, Laura Pausini l’oppose à « l’inferno » : ne pas prendre de risques, c’est ne finir ni en enfer ni devant l’autel, une image frappante de l’engagement amoureux et de la peur de s’y abandonner.
Avec Non È Detto, la chanteuse italienne Laura Pausini nous plonge au cœur d'une rupture lucide et sans drame inutile. Deux personnes cohabitent sans faire d'étincelles, enfermées dans une politesse glaciale : « E noi così distanti / A sopportarci con educazione » (« Et nous si distants / À nous supporter avec éducation »). Le ton est posé : personne n'est coupable, mais il est temps de faire ses valises. Laura pointe du doigt cette lâcheté du quotidien où l'on préfère ne rien tenter pour ne rien risquer, résumée par cette formule brillante : « A non rischiare niente / Non vai all'inferno e neanche sull'altare » (« À ne rien risquer / Tu ne vas ni en enfer ni à l'autel »).
Le refrain s'articule autour de l'expression italienne non è detto (« ce n'est pas dit », au sens de « rien n'est certain »). Elle refuse les prédictions dramatiques : non, l'autre ne lui manquera pas forcément pour toujours (« E non è detto che mi manchi sempre » [Et ce n'est pas dit que tu me manques toujours]), car les sentiments évoluent vite. Mais elle refuse aussi de faire semblant d'être insensible face au regard vide de son partenaire. Pas de rancœur ici : elle lui laisse même un parapluie pour affronter la tempête (« Prenditi l'ombrello » [Prends le parapluie]) avant de filer prendre un train vers l'aéroport. C'est une chanson de départ réaliste, pressée par une montre qui tourne, où le souvenir garde toute sa valeur sans empêcher d'avancer.