Sköljer bort signifie littéralement "rincer" ou "emporter". C'est une expression qui évoque l'idée de nettoyer ou de faire disparaître quelque chose, souvent avec de l'eau.
Dans la chanson, Kent utilise cette expression de manière poétique : "Snart kommer regnet som en våg och sköljer bort allt som inte är musiken" (Bientôt la pluie viendra comme une vague et emportera tout ce qui n'est pas la musique). Cela suggère que la musique est la seule chose qui reste, purifiée de tout le reste, ce qui en fait un mot mémorable et évocateur.
Dans « FF », Kent nous fait voyager de nuit, entre « Små vita ljus » [de petites lumières blanches], les étoiles visibles entre les arbres, les maisons sombres, les autoroutes et les rails. Le narrateur avance avec une personne endormie, la tête contre la vitre, tandis que la buée près de sa joue ressemble à un rêve. Ils comptent les jours et les années, attendent un peu de soleil et l’odeur du printemps, puis imaginent une pluie assez forte pour emporter « allt som inte är musiken » [tout ce qui n’est pas la musique]. C’est une très belle idée, et aussi une formule assez radicale : pendant ce trajet, la musique devient la seule chose qui compte.
Les passages en français donnent une voix directe à la désorientation : « J’ai perdu mes repères » et « Je nage en eau trouble » [je suis perdu, dans une situation confuse]. La personne qui parle demande à l’autre de l’emmener « aussi loin que possible », puis retrouve son souffle quand le brouillard se dissipe : « Grâce à toi à nouveau je respire » [grâce à toi, je respire de nouveau]. En suédois comme en français, le refrain répète « Tellement loin de ce monde » [très loin de ce monde], jusqu’à donner l’impression que le train, la pluie et la musique ont coupé le duo du reste de la réalité.