Kinderspiel signifie littéralement "jeu d'enfant". C'est un mot composé qui évoque l'innocence et la simplicité, mais qui est utilisé ici avec une connotation plus profonde.
Dans le contexte de la chanson, il fait référence à une relation passée, légère et insouciante, que les protagonistes ont "gaspillée". Le fait que ce "jeu d'enfant" soit maintenant "terminé" marque un tournant mélancolique, soulignant la fin d'une époque et la prise de conscience de sa valeur rétrospective.
Avec « Kurzer Epilog », l'artiste allemande Dota Kehr s'associe à Rainald Grebe pour raconter une occasion manquée qui fait grincer des dents. Dès la première ligne, la distance entre les deux personnages saute aux yeux : « Du hast mir bis zuletzt noch „Sie' gesagt und schwiegst per „du' » (« Tu m'as vouvoyé jusqu'au bout et tu te taisais en me tutoyant »). En allemand, cette tension entre le vouvoiement formel (Sie) et le silence intime (per du) montre parfaitement la fierté ridicule qui bloque les sentiments. Les deux protagonistes jouent la comédie : elle fait semblant de s'amuser avec d'autres et feint l'indifférence (« Ich tat so kühl » / « Je faisais semblant d'être si froide »), alors qu'en réalité, un simple geste aurait suffi (« Ich wäre dir nachgefolgt in die Unendlichkeit » / « Je t'aurais suivi jusqu'à l'infini »).
Le morceau prend l'allure d'un bilan lucide et sans détour. Les deux amants réalisent qu'ils ont gâché un été magnifique par bêtise : « Nun aber, da das Kinderspiel beendet / Begreifen wir, dass es der letzte war » (« Mais maintenant que ce jeu d'enfant est fini, nous comprenons que c'était le dernier »). Dès le départ de l'autre, la pluie commence à tomber, scellant cette séparation définitive sur un constat fataliste : on ne recroise jamais ceux qui nous étaient vraiment destinés (« Weil wir nie wieder denen begegnen / Die für uns ausersehen sind »).