Ghiacciai signifie "glaciers". C'est un mot visuellement frappant et moins courant dans les paroles de chansons pop.
Dans la chanson, Annalisa chante "Siamo dentro i ghiacciai" (Nous sommes à l'intérieur des glaciers). Cette métaphore évoque une sensation d'isolement, de froid ou de stagnation dans une relation, rendant le mot particulièrement évocateur et intéressant.
Dans « Dieci », Annalisa raconte une nuit de séparation qui refuse de se terminer. Tout est excessif et un peu désordonné : « dieci giorni in una notte » [dix jours en une nuit], des baisers, du vin au lit, des scènes dans l’appartement et même des vêtements « fuori posto » [mal assortis ou déplacés]. La personne qui parle ne sait plus très bien ce qu’elle a promis, se sent « fuori da me » [hors de moi] et demande pourtant qu’on lui écrive encore dans une heure. La pluie du samedi et le retour au froid donnent à cette dernière soirée une allure presque solennelle : « l’ultima volta è sacra » [la dernière fois est sacrée].
Ce qui rend la chanson attachante, c’est son mélange de tristesse et de détails franchement surprenants. « Baci francesi delivery » [des baisers français livrés à domicile] transforme une scène intime en commande absurde, tandis que « caffellatte corretto » [un café au lait “corrigé”, c’est-à-dire avec de l’alcool] montre une soirée où l’on exagère pour ne pas penser. La narratrice sait que cette relation ne devrait pas continuer ainsi, mais elle réclame encore « dieci ultime volte » [dix dernières fois]. Dans la chanson, une fin n’arrive donc jamais en une seule fois : elle se répète, avec un dernier baiser dans la rue, un message promis plus tard et le besoin de retrouver « quello che ho perso » [ce que j’ai perdu].