Serenata signifie « sérénade », une chanson ou une musique romantique offerte à quelqu’un, souvent sous sa fenêtre. Dans le vers « portarti a Trastevere all’alba e fa’ na serenata », Achille Lauro évoque un geste amoureux et très romain, tandis que fa’ na est une forme dialectale de fare una (« faire une »).
Dans « AMOR », Achille Lauro imagine une nuit qui pourrait être la dernière pour un couple. Le narrateur parle avec une franchise presque vertigineuse : « E se non tornerò domani, è lo stesso » [Et si je ne reviens pas demain, ce n’est pas grave]. Il dit qu’il a choisi sa vie, même si elle risque de partir « tutto in fumo » [en fumée], puis demande ce qu’il restera de lui s’il ne retourne pas vers la personne qu’il aime. Entre le danger, les regrets possibles et l’envie de profiter de cette nuit, son amour ressemble à une décision prise les yeux ouverts.
Rome devient presque un personnage. « Abbracciami Roma » [Prends-moi dans tes bras, Rome] et « portarti a Trastevere all’alba e fa’ ’na serenata » [t’emmener à Trastevere à l’aube et te chanter une sérénade] mélangent la grande ville et un geste amoureux très simple. Trastevere est un quartier de Rome, tandis que « fa’ ’na » est une forme familière de « fai una », c’est-à-dire « fais une ». Même si « me so’ fatto grande » [j’ai grandi] sonne comme une déclaration adulte, il reste quelqu’un qui attend de l’autre un « Torna presto, amor » [Reviens vite, mon amour]. C’est ce contraste qui rend la chanson attachante : il veut garder la vie qu’il a choisie, mais il cherche encore un endroit sûr où dormir et quelqu’un qui l’attend.