Embole est un terme familier, surtout utilisé en Argentine, pour parler de l’ennui ou d’une situation barbante. Dans la chanson, Milo J dit que même les lumières et les soleils deviennent un embole lorsqu’il n’y a aucun endroit où aller, ce qui donne au mot une nuance très personnelle et mélancolique.
Dans Bajo De La Piel, le jeune prodige argentin Milo J ralentit la cadence pour nous parler de blessures intimes qu'on ne voit pas forcément au premier coup d'œil. Dès le refrain, il lâche : « Tengo unos tatuajes bajo de la piel que no cicatrizaron » (« J'ai des tatouages sous la peau qui n'ont pas cicatrisé »). L'image est forte : ses marques du passé ne sont pas encrées en surface, elles sont enfouies tout au fond. Face au coucher de soleil (« al ver el ocaso »), il ressent le besoin de freiner (« Quise ir más despacio »), perdu dans un état d'esprit étrange où il ne se reconnaît même plus (« No me siento propio »).
Le morceau prend un virage très familier avec une expression typiquement argentine : « Pero es un embole si no hay donde ir » (« Mais c'est chiant si on n'a nulle part où aller »). Le mot embole sert à décrire un ennui total, une galère ou une situation pénible; ici, il rappelle que même sous les projecteurs (« Todas son luces y soles »), la solitude reste lourde quand on n'a aucun refuge. En cherchant un peu de clarté (« Luz, ¿dónde estabas? » / « Lumière, où étais-tu ? »), Milo J pose des rimes directes, sans fioritures, pour dire qu'il est temps de respirer.