Te mentiría signifie littéralement « je te mentirais » : mentir (« mentir ») est ici conjugué au conditionnel, avec te (« à toi »). Dans la chanson, cette expression introduit une confession paradoxale : il mentirait s’il disait qu’il ne voudrait pas retourner dans les bras de cette personne, ce qui rend le refrain particulièrement accrocheur.
Dans « Te Mentiría (Versión Cuarteto) », Luck Ra, artiste argentin, chante avec La K’onga un ex qui prétend aller mieux… jusqu’au moment où son ancienne partenaire passe devant lui. Il affirme que « me va bien de nuevo » [je vais bien de nouveau], avec « la noche, los tragos, la gira » [la nuit, les verres, la tournée], mais il avoue aussitôt : « pasas enfrente y siento que muero » [tu passes devant moi et j’ai l’impression de mourir]. Le contraste est presque drôle par sa franchise : il parle de réussite et de fêtes, puis une seule apparition suffit à faire tomber le masque.
Le refrain pousse cette contradiction encore plus loin. « Te mentiría si no te digo que a tus brazos de nuevo volvería » [je te mentirais si je ne te disais pas que je retournerais dans tes bras] : il veut revenir, même si elle est avec quelqu’un d’autre et même si « no exista un nosotros » [il n’existe pas de “nous”]. L’expression « si sigues siendo mía » [si tu restes à moi] révèle une jalousie très possessive, alors qu’ils ne sont plus officiellement ensemble. Puis il apprend qu’elle semble heureuse avec un autre, entourée de « flores y alegrías » [fleurs et joies], et la question revient, directe et un peu provocatrice : « ¿No era eso lo que querías? » [ce n’est pas ce que tu voulais ?]. Dans la version cuarteto, cette histoire de rupture et de retour impossible prend une couleur faite pour chanter les paroles à pleine voix, même quand le narrateur prétend que tout va bien.