Tyram vient du verbe tyrać, qui signifie 'trimer' ou 'bosser' en français. C'est un mot familier et expressif pour décrire un travail acharné et souvent difficile.
Dans la chanson, le narrateur dit: "Dzieciom mów, że tyram gdzieś na chleb" (Dis aux enfants que je trime quelque part pour gagner ma vie). Il utilise ce mot pour dépeindre une image de lui-même comme un travailleur acharné, même s'il ment sur d'autres aspects de sa vie. C'est un mot qui ajoute une touche de réalisme et de vulnérabilité à ses paroles.
Dans « Od Dawna Już Wiem », titre que l’on peut traduire par « Je le sais depuis longtemps », Kortez imagine une séparation racontée à voix basse, presque comme une scène de nuit. « Wyjdź po cichu, nie pal światła » [Sors doucement, n’allume pas la lumière] : la personne est invitée à partir sans réveiller personne. Pourtant, la porte reste un peu ouverte. Si elle revient un jour, « tutaj nic nie zmieni się » [sache qu’ici, rien ne changera]. Les vieux disques peuvent partir avec elle, même si le narrateur connaît déjà chaque son par cœur.
Le plus dur arrive avec les enfants. Il demande à l’autre de leur dire qu’il travaille quelque part « na chleb » [pour gagner son pain], une expression courante qui signifie simplement gagner de quoi vivre. Elle doit aussi leur dire, encore et encore, qu’elle l’aime et qu’elle veut revenir. Ce mensonge est terrible, mais le narrateur affirme : « Od dawna już wiem » [Je le sais depuis longtemps]. Il dit même être surpris de tout ce qu’on peut supporter. Ses poèmes, eux, peuvent être brûlés, car chaque vers se moque ouvertement d’eux. Entre les disques, les enfants, la visite promise pour les fêtes et les poèmes à détruire, la chanson montre quelqu’un qui comprend très bien la fin de l’histoire, tout en laissant l’autre raconter une version plus douce.