Cette phrase est un exemple de "nonsense verse" ou de "scat singing" en finnois. Elle n'a pas de traduction littérale ou de signification directe, mais elle est phonétiquement entraînante et fait partie intégrante du charme et de la folie de la chanson.
C'est une onomatopée joyeuse qui imite le son de la musique et de la danse, rendant la chanson mémorable et unique. C'est un excellent moyen de découvrir la musicalité de la langue finnoise au-delà des mots.
Dans « Ievan Polkka », tout commence par une musique de polka venue de chez le voisin : « Nuapurista kuulu se polokan tahti » [On entendait le rythme de la polka chez le voisin]. Les pieds du narrateur se mettent à le démanger, tandis que la mère d’Ieva surveille sa fille. Ieva réussit pourtant à lui échapper, et les deux jeunes dansent « laiasta laitaan » [d’un côté à l’autre]. La soirée est joyeuse, les gens souhaitent le bonheur aux amoureux, les têtes sont mouillées de sueur ou de boisson, et le violon « vinku voevotti » [crie et geint]. Le texte est en finnois dialectal, ce qui donne aux paroles une tournure très orale et malicieuse.
Puis la fête tourne à la dispute. La mère chante des cantiques dans sa chambre pendant que le garçon danse avec Ieva chez le voisin. Au retour, elle gronde, Ieva se met à pleurer, mais le narrateur refuse de renoncer à la danse ou à Ieva. Il répond à la vieille femme de se taire et lui lance une menace franchement comique et excessive : qu’elle aille se coucher après avoir « korjoot luusi » [remis ses os en place]. La fin ajoute des syllabes absurdes, « Salivili hipput tupput täppyt » [des sons sans véritable sens], comme un petit refrain de fête. Chez Korpiklaani, groupe finlandais, cette chanson devient donc une scène de danse pleine d’énergie, de provocation et d’humour, où une polka suffit à défier toute une famille.