Zauberkraut signifie littéralement « herbe magique » : Kraut désigne une plante ou une herbe, tandis que Zauber renvoie à la magie. Dans la chanson, cette plante est appliquée sur les blessures comme un remède merveilleux, ce qui renforce l’univers mystérieux et légendaire de Neun Welten.
Dans « Neun Welten », le récit ressemble à une petite légende fantastique. Une personne s’adresse à quelqu’un qui lui a rendu l’espoir, a pris sa douleur et lui a donné « Träume und dein Herz » [des rêves et ton cœur]. Pourtant, ce sont « erst die Schatten dieser Nacht » [d’abord les ombres de cette nuit] qui les ont conduits jusque-là. L’image est sombre, mais très concrète : la nuit n’est pas seulement un décor, elle semble être l’épreuve qui a rendu leur rencontre possible.
Le personnage aimé traverse neuf mondes « mit Hexerei und einem Schwert » [avec de la magie et une épée], puis libère le narrateur de ses chaînes sous la protection de l’obscurité. Il soigne ensuite ses blessures avec « Asche auf der Haut » [de la cendre sur la peau] et une « Zauberkraut » [herbe magique]. Le refrain en vieux norrois, « Níu man ek heima, níu íviði » [je me souviens de neuf mondes, de neuf bois ou forêts], donne à cette aventure une dimension mythique. Après ce voyage, le sauveur ramène la personne « zurück zu dir » [vers toi], jusqu’à son « reines Herz » [cœur pur]. C’est une chanson de délivrance, avec une bonne dose de magie, de blessures et d’épée : franchement, une façon assez spectaculaire de dire merci.