Maxşere est un mot turc d'origine arabe qui signifie 'jour du jugement dernier' ou 'jour de la résurrection'. C'est un terme puissant et solennel, souvent utilisé dans un contexte religieux ou pour exprimer une promesse éternelle.
Dans la chanson, il est utilisé pour souligner la profondeur et la permanence des sentiments du narrateur. La phrase "Tü çar te birnakım hatto roke maxşere" (Je ne t'oublierai pas jusqu'au jour du jugement dernier) exprime un amour ou un souvenir indélébile, promettant de ne jamais oublier la personne aimée, même au-delà de la vie terrestre. C'est un mot qui ajoute une dimension dramatique et éternelle aux paroles.
Dans « Esmere / Vay Delal », Aynur Polat fait entendre une plainte amoureuse où le mot « vay delal » revient comme un appel, proche de « oh, ma chère » ou « oh, mon amour ». La chanson mêle des passages en kurde et en turc. Le cœur abandonné demande : « Gönlüme açtığın bu yaralar biter mi? » [Les blessures que tu as ouvertes dans mon cœur finiront-elles un jour ?] Même si l’histoire devait finir par la mort, l’amoureux refuse de croire que l’on puisse effacer la personne aimée « d’un seul trait de plume ». Et il insiste auprès de son « esmerim », terme affectueux qui signifie ici « ma brune » ou « mon brun » : comment as-tu pu m’oublier ?
Les images deviennent très concrètes, et parfois franchement désespérées : il ne reste qu’une photo déchirée, tandis que les rêves construits à deux se révèlent mensongers. « Bana gözyaştan gayrı verdiğin neyin vardı? » [Qu’est-ce que tu m’as donné, à part des larmes ?] Les paroles citent aussi Urfa, Adıyaman et Gölbaşı, des lieux associés au souvenir et au trajet amoureux, sans expliquer davantage leur rôle. Le refrain en langue kurde revient comme une berceuse blessée, puis la chanson termine sur une vision extrême : regarder partout, dans chaque vallée, et chercher l’être aimé jusque dans les quatre coins du monde, « jusqu’à la fin des temps ». C’est une chanson de séparation qui ne veut surtout pas faire semblant d’avoir tourné la page.