Chissenefrega est une expression italienne très familière, formée de chi se ne frega?, qui signifie littéralement « qui s'en préoccupe ? ». Elle correspond à « je m'en fiche » ou « qu'est-ce que j'en ai à faire ? », avec un ton parfois désinvolte ou provocateur.
Dans la chanson, les « chissenefrega » finissent par sombrer dans une mer de souvenirs impossibles à oublier. Cette expression originale contraste avec la douleur de l'amour et montre que les attitudes de détachement ne suffisent pas toujours à effacer les émotions.
Dans « E' L'amore », Adriano Celentano, accompagné de Mina, entre dans une nuit de solitude très concrète : « Buio sulle scale » [L’obscurité dans l’escalier], « Silenzio che fa male » [Un silence qui fait mal]. À l’extérieur, la ville continue de bouger, mais la personne qui parle reste enfermée avec ses pensées. Même le plafond devient « un cielo stretto » [un ciel étroit], comme si la pièce était trop petite pour respirer. Et l’orgueil, décrit comme « una malattia » [une maladie], n’aide vraiment pas.
Le téléphone reste muet, tandis que l’amour occupe chaque seconde : « È l'amore che non mi lascia stare » [C’est l’amour qui ne me laisse pas tranquille]. Une idée s’enfonce « come un chiodo nella tempia » [comme un clou dans la tempe], et les « chissenefrega » [les “je m’en fiche”] coulent sous le poids des souvenirs impossibles à oublier. La chanson ne choisit pas entre la plainte et l’espoir : cet amour « brucia l’anima » [brûle l’âme], mais il peut aussi « salva l’anima » [sauver l’âme]. La dernière pensée est directe, presque désespérée : « Non è vita questa vita senza lei » [Cette vie sans elle n’est pas une vie].