Derrotarme vient du verbe derrotar (« vaincre ») avec le pronom me (« me »). Dans la chanson, Natalia dit qu’elle commençait à « se vaincre elle-même », une image poétique pour exprimer le découragement et la perte de confiance face à ses difficultés.
Dans « Muchas Cosas », Natalia Lacunza décrit une personne qui cherche une explication à un malaise qu’elle n’arrive pas à calmer. L’image centrale est très concrète : « Muchas cosas pendientes en la mesa » [beaucoup de choses en suspens sur la table]. Ce ne sont pas des objets, mais des problèmes et des conversations laissés de côté, qu’elle ne veut pas affronter. Elle reconnaît aussi qu’elle n’a pas vu qu’elle commençait à se vaincre elle-même, puis qu’elle était peut-être en train de faire du mal à l’autre. La phrase « sigo siendo igual » [je suis toujours la même] est assez directe : elle veut changer, mais ne trouve toujours pas comment.
Le cœur de la chanson se trouve dans cette contradiction : elle veut rester avec cette personne « hasta la eternidad » [pour l’éternité], alors que l’autre ne l’aime peut-être plus et semble indifférent. Le regret arrive ensuite : quelqu’un affirme qu’il regrettera de ne pas avoir compris les choses à temps, avant que le moment ne soit passé. À la fin, le monde lui-même paraît perdre son éclat : « Ahora veo el sol y las estrellas como si quisieran apagarse » [maintenant, je vois le soleil et les étoiles comme s’ils voulaient s’éteindre]. C’est une chanson sur les choses repoussées, les changements qu’on promet sans savoir les faire et la prise de conscience douloureuse que rien ne reviendra exactement comme avant.