durchgemacht vient du verbe durchmachen, qui signifie "passer à travers" ou "endurer". Dans le contexte de la chanson, il est utilisé pour dire "passer la nuit blanche" ou "veiller toute la nuit".
Le chanteur dit: "Noch bis letzte Woche haben wir jede Nacht getextet durchgemacht" (Jusqu'à la semaine dernière, nous nous envoyions des messages toute la nuit et passions la nuit blanche). C'est un mot intéressant car il capture l'intensité des nuits passées à communiquer, un sentiment que beaucoup de jeunes peuvent reconnaître.
Dans « 5 Minuten », la rupture se mesure presque avec une montre : « Ich glaub’, ich hab’ vor fünf Minuten aufgehört, dich zu lieben » [Je crois que j’ai arrêté de t’aimer il y a cinq minutes]. Il l’écrit, puis constate que sept minutes ont déjà passé. Cette petite différence est drôle et très parlante : il essaie de fixer un moment précis pour la fin de ses sentiments, alors que le temps continue simplement d’avancer. Le matin, il se réveille avec les yeux qui font mal, ne sait pas quelle heure il est, mange ce qu’il trouve et remarque qu’il fait chaud dehors. Puis il attend « die Dreizehn » [la treize] au Wienerplatz, un lieu nommé dans les paroles, en regardant très loin et en se demandant ce qui arrivera s’il continue « so wie bisher » [comme avant].
La séparation devient plus directe quand il parle du téléphone. Les émojis et même les photos intimes, « die Nudes », ne l’attirent plus : « Du lässt mich kalt » [Tu me laisses froid]. La semaine précédente, ils échangeaient encore des messages toute la nuit ; maintenant, l’autre écrit « I love you » et « Ich vermisse dich » [Tu me manques], mais lui s’endort pendant ce temps. Sur FaceTime, il voit que cette personne semble heureuse sans lui, en train de rouler et de fumer un joint. Il compose son numéro, puis raccroche aussitôt : « Aus dieser Nummer kommen wir so nicht mehr raus » [Avec cette histoire, nous ne nous en sortirons plus comme ça]. Le morceau reste ainsi entre indifférence, hésitation et habitudes numériques qui refusent de disparaître, avec un refrain tellement précis qu’il en devient presque comique.