Embalm signifie "embaumer", c'est-à-dire préserver un corps de la décomposition, souvent pour des funérailles ou des raisons historiques. C'est un mot assez rare et très spécifique, qui évoque des images fortes.
Dans cette chanson de Mitski, le mot est utilisé de manière glaçante et poétique. Il décrit l'acte de préparer le corps de la narratrice après sa mort, transformant son cadavre en un spectacle pour les autres, soulignant le thème de l'objectification et de la consommation post-mortem de son histoire.
Dans 'Dead Women', l'artiste nippo-américaine Mitski explore une idée sombre mais fascinante : serait-elle plus aimée si elle était morte ? La chanson est une critique puissante de la manière dont la société et les médias s'approprient et romantisent les histoires des femmes, surtout des artistes, après leur mort. Mitski imagine que si elle mourait, d'autres pourraient raconter son histoire comme ils le souhaitent, en fouillant dans ses affaires pour créer une version idéalisée ou tragique qui leur convient.
À travers des paroles choquantes, elle oppose le suicide poétique, comme celui de Virginia Woolf, à une mort violente et brutale. Elle dénonce la façon dont la tragédie féminine est transformée en un spectacle pour le public. La chanson met en lumière comment une femme vivante, avec sa propre volonté, est perçue comme un problème, alors qu'une femme morte devient un objet que l'on peut posséder, interpréter et consommer. C'est une réflexion profonde sur la misogynie, la perte de contrôle et la fétichisation de la souffrance féminine.