Le mot "червонец" (tchervonets) désigne une pièce de dix roubles, historiquement une pièce d'or. C'est un terme un peu désuet et moins courant dans le langage quotidien, ce qui le rend intéressant.
Dans la chanson, l'auteur l'utilise pour exprimer l'idée que même pour une somme d'argent, il est impossible de trouver des fleurs dans le ciel ("Хоть за червонец, хоть за сто" - même pour dix roubles, même pour cent). Cela ajoute une touche de couleur et d'authenticité au texte, tout en soulignant l'impossibilité de sa quête.
Dans « Сто Часов » (« Cent heures »), Юрий Лоза raconte des retrouvailles qui doivent tenir dans un délai minuscule. Le narrateur revient de très loin, après avoir pensé à la personne qu’il aime pendant le voyage : « Я прилетел часов на сто » [Je suis arrivé pour une centaine d’heures]. Il lui demande de déposer ses soucis, de poser la joue contre la sienne et de mettre tout ce qu’elle a sur la table. Même les mauvaises nouvelles peuvent attendre. La phrase « Сегодня долго не уснем » [Ce soir, nous ne dormirons pas longtemps] dit simplement leur envie de profiter de chaque minute ensemble.
Le détail des fleurs rend la scène très concrète, avec une petite touche d’humour : il s’excuse de revenir « снова без цветов » [encore sans fleurs], parce qu’il a passé une demi-journée dans le ciel, où l’on ne peut pas en acheter, « хоть за червонец, хоть за сто » [ni pour dix roubles, ni pour cent]. Le mot « червонец » désigne ici une somme de dix roubles. Mais ces cent heures ne sont qu’une escale : un nouveau long voyage l’attend, tandis qu’elle porte « венок из ожиданий » [une couronne d’attentes], image d’une attente qui pourrait durer toute une vie. Il ne promet pas une présence permanente. Il promet quelque chose de plus précis : il reviendra, même si ce n’est que pour cent heures.