Заробітки [zarobitky] désigne le fait de partir travailler, souvent loin de chez soi ou à l’étranger, pour gagner de l’argent. Dans la chanson, le narrateur explique qu’il est parti на заробітки [na zarobitky] et s’est retrouvé piégé dans des « filets d’esclavage », ce qui donne à ce mot une dimension sociale et mémorable.
Dans « Робота Не Вовк! » (« Le travail n’est pas un loup ! »), Yarem4uk reprend une expression populaire ukrainienne : « Робота, не вовк, в ліс не убіжить » [Le travail n’est pas un loup, il ne s’enfuira pas dans la forêt]. L’idée est simple et franchement drôle : le travail peut attendre, alors pourquoi se précipiter ? Pourtant, le narrateur doit travailler sans arrêt, souvent pour presque rien. Il raconte avoir étudié huit ans et obtenu deux diplômes, avant de proposer des sachets à la caisse d’un supermarché ou de porter du ciment sur un chantier. « Корочка бакалавра ніяк не помагає » [Le diplôme de bachelor ne sert absolument à rien] est une remarque amère, mais son ton reste moqueur.
La chanson transforme les détails ordinaires en petites scènes comiques : le pain, le lait, une petite bouteille d’alcool « для согрєва » [pour se réchauffer], les gaufrettes avec le thé, et surtout la pause déjeuner, sacrée même quand le chef ne comprend pas pourquoi personne ne travaille. Le narrateur gagne d’abord 3 200, puis 8 000, ce qui devient une « bonne nouvelle » suffisante pour acheter des gaufrettes. L’expression « копійки не получаю » [je ne touche pas des kopecks] joue sur l’idée d’un salaire minuscule. Entre les conseils de sa mère, les journées du lundi au samedi et les économies vite épuisées, le texte se moque d’une vie où « зарплата на місці, роботи добавляється » [le salaire reste le même, mais le travail augmente]. C’est une chanson de travailleur fatigué qui préfère rire de ses fins de mois plutôt que de faire semblant que tout va bien.