Eternidad signifie « éternité », une durée sans fin, et apporte une dimension très poétique à la chanson.
Dans le contexte, Juan Gabriel chante que l'absence de son amour lui semblera durer une éternité : « Será una eternidad ». Ce mot exprime avec intensité la douleur et l'impression que le temps s'arrête après un adieu.
Prépare tes mouchoirs, parce que Juan Gabriel ne fait pas semblant quand il s'agit de ruptures dramatiques ! Dans ce classique mexicain, le narrateur ouvre les yeux au petit matin avec le moral à zéro : « Hoy me he despertado / Con mucha tristeza » (Aujourd'hui je me suis réveillé avec beaucoup de tristesse). Il a passé une nuit blanche à ressasser ses souvenirs, sachant très bien que l'autre personne fait ses valises demain. Ce n'est pas un texte plein d'espoir : dès le refrain, il admet la défaite totale avec « Ya lo sé que tú te vas / Que quizás no volverás » (Je sais déjà que tu t'en vas, que peut-être tu ne reviendras pas). L'attente ressemble déjà à une éternité et il sait qu'il a perdu la partie.
Ce qui rend le morceau fascinant, c'est ce mélange bizarre de politesse et de rancœur pure à la fin. Juan Gabriel commence par souhaiter le meilleur à son ex, pour balancer immédiatement un coup fatal : « Te deseo buena suerte / Hasta nunca / Mi amor » (Je te souhaite bonne chance, à jamais, mon amour). En espagnol, « hasta nunca » est l'exact opposé de « hasta luego » : ce n'est pas un au revoir, c'est un « adieu pour toujours » bien tranchant, presque brutal, avant d'enchaîner directement avec un tendre « mi amor ». C'est théâtral, blessé et terriblement honnête.
Né Alberto Aguilera Valadez, Juan Gabriel est un auteur-compositeur-interprète mexicain dont la carrière a marqué la chanson populaire en espagnol. Il a aussi composé pour de nombreux autres interprètes.
Parmi ses titres les plus connus figurent «Querida», «Amor eterno», «Hasta que te conocí» et «El Noa Noa». Ses chansons passent de la ballade dramatique aux airs plus festifs, avec des refrains directs et une écriture très théâtrale.